L’objet décoratif : une question d’instinct ?

L’évasion par l’objet

 

Depuis la préhistoire, l’homme est fétichiste. Un instinct venu de la nuit des temps le pousse à accumuler, autour de lui, des objets décoratifs, ces trésors qui échappent à toute estimation matérielle puisque, souvent, ils n’ont d’autre valeur que celle dont les chargent l’imagination ou le subconscient. Une couleur, une forme, une matière, un poids dans la main, une image qui en suscite d’autres suffisent à les animer de cette vie étrange qui entraîne loin du quotidien et fait aborder aux rivages du dépaysement.

La maison à la campagne ou le chalet en montagne en est le réceptacle privilégié. Le choix des bibelots, dans un appartement, est soumis à des règles, relève de certains concepts esthétiques, d’ailleurs de plus en plus souples, que l’on n’ose ou ne songe pas toujours transgresser. Livré à son seul bon plaisir, le citadin en rupture de ville retrouve une sorte d’innocence du choix: celle de l’enfant qui collectionne les cailloux, ou de l’adolescente qui entasse dans sa chambre les photos de vedettes et les animaux en peluche. S’ils comptent encore, les critères de beauté changent de perspective. L’appréciation des objets devient affaire d’affinité, non de conventions esthétiques préétablies.

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