Pierre Guariche : Son regard entre technique et harmonie décorative

Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours été possédé du désir de créer, de construire. J’ai toujours aimé la peinture, la sculpture, l’architecture. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts décoratifs en 1949 (où j’ai eu la chance d’être l’élève de René Gabriel), je fus pendant une année le collaborateur de Marcel Gascoin. Puis je m’installai. J’ai commencé par dessiner mes propres meubles, que je présentai dans différentes manifestations: Salon des artistes décorateurs, salon des arts ménagers… J’obtins ainsi le premier prix du concours national du Centre technique du Bois, une médaille d’argent à la triennale de Milan et de nombreux prix dans les concours organisés par certains industriels (Saint Gobain, Surnyl…).
Disons que le design a été le point de départ de ma carrière d’architecte d’intérieur.

guariche-air franceC’est pourquoi je travaille beaucoup pour les collectivités : hôtels, restaurants, night-club, cliniques, hôpitaux, nombreux sièges sociaux. En dernier, je viens de terminer, en collaboration avec l’architecte Guy Lagneau, la réalisation complète de la nouvelle préfecture de l’Essonne (le cabinet du préfet, sa résidence personnelle, le conseil général, le hall du public), ainsi que le nouvel hôtel d’Air France à Paris. Il y a quelques années, j’ai terminé la Maison de la culture de Firminy, commencée par Le Corbusier. Actuellement, j’achève un important programme de résidences-vacances à Bandol, avec l’architecte Jean Dubuisson, et avec ce même architecte j’étudie la Maison de la culture d’Angers.

J’ai également créé la décoration intérieure de la chapelle de La Plagne. Enfin je m’intéresse à la création de modèles: télécabines et téléphériques de La Plagne, luminaires, meubles contemporains…

L’architecture d’intérieur est un métier passionnant et difficile !

Tout au début de ma carrière, lorsque j’éditai moi-même mes créations, il y a maintenant plus de vingt ans, il m’est arrivé d’avoir des doutes. Pourtant, il me suffisait de regarder autour de moi la laideur de l’environnement pour prendre conscience que tout pouvait être refait et trouver des raisons de persister.
Il y a cependant fort peu de temps que les pouvoirs publics et le public lui-même se sont enfin aperçus qu’il fallait faire quelquechose ! Malheureusement, parceque mal informé, le public n’est pas toujours bon juge. De son côté la presse a tendance à politiser les problèmes d’architecture. Et trop fréquemment, sous prétexte d’offrir aux gens un environnement contemporains, on leur propose n’importe quoi baptisé « design ».

Si l’on n’éduque pas mieux le public, il finira par se lasser dans sa recherche d’une esthétique nouvelle et se tournera de nouveau vers le style.
Aussi mon but, et celui de mon équipe, est-il de faire la preuve qu’il existe une synthèse parfaite entre la fonction, la technique et l’harmonie. Pour ma part, je persiste à affirmer que la qualité du dessin reste la base de toute réalisation.

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